Peau d’âne

Janvier 2017

les marionnettes en plein dans l’atelier de Vincent Baccuzzi, photos de Fanielle.

 

Anita Gordon, costumière.

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Distribution

Mise en scène : Dominique Habouzit

Co-auteurs : Lucie Boulay, Dominique Habouzit

Interprétation : Lucie Boulay (jeu, marionnette, équilibre)

Composition musicale : Jean-Luc Amestoy

Scénographie et marionnettes : Vincent Bacuzzi

Construction : Franck Breuil

Création lumière : Thomas Maréchal

Régie son et lumière : Hélène Tourmente, Josselin Roche, distribution en cours.

Production, administration : association Les Thérèses

Diffusion : Vanina Montiel

Compagnonnage : Le Boustrophédon

Théâtre et cirque de Marionnettes 

Jeune public : à partir de 8 ans

 

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Un spectacle intime

dessins préalables à la création de Peau d'âne ; l'équilibre, thématique initiale du spectacle

Dessin préalable à la création de Peau d’âne ; l’équilibre, thématique initiale du spectacle. (N.Lavaud)

Dans notre Peau d’Âne, librement inspiré de Charles Perrault, le Roi ne fait pas que demander sa fille en mariage. Il va jusqu’au bout de son désir : nous allons donc parler d’inceste, et de contexte incestueux. Le conte, en tant qu’épopée sur la métamorphose de l’individu, sera notre support de narration pour traiter d’un tabou ainsi que du cheminement qui s’ensuit pour revenir vers la vie.

Dans ce spectacle, la marionnette, le cirque et le jeu théâtral se joindront à un texte original pour parler d’amour et de maltraitance, des conditionnements et des héritages familiaux, et enfin du devenir adulte et créateur de sa vie. Cette histoire d’enfance(s) sera portée par une comédienne solo.

Notes d’intention des créateurs : Lucie Boulay et Dominique Habouzit

Lucie Boulay, directrice artistique

Je crois que le geste créateur est dans la coupure : couper avec le quotidien, couper pour être comédien et jouer, couper pour être dans le présent ; couper, pour laisser l’intuition faire son travail.

L’interdit de l’inceste est lui aussi dans ce tranchant fondamental : la coupure familiale permet que nous ne réduisions pas l’enfant à nous mêmes, elle reconnaît la vie à l’œuvre dans ce petit bout d’homme qui vient de nous, et qui va vers l’ailleurs.

« Le rôle de l’artiste n’est pas de changer les choses, mais de les dire. »C.Angot.

En cela, je crois que parler d’inceste dans un spectacle peut ouvrir à de la liberté.

Dominique Habouzit, metteur en scène

Mon rôle de metteur en scène est en premier lieu de me mettre au service d’une nécessité, de comprendre et d’aider des créateurs à cheminer à partir d’une idée.

C’est le processus de création que nous avons entrepris avec Lucie, où le point de départ, le choix de dire l’inceste, est réinvesti dans le monde de l’art.

Pour ce faire, le premier travail autour du conte de Peau d’Âne a été d’effacer la langue de Perrault pour s’approprier le conte dans son oralité, dans le but de le replacer dans une certaine intemporalité. C’est aussi une façon de faire émerger une langue d’aujourd’hui dont les spectateurs peuvent s’emparer, et dans laquelle ils retrouvent des similitudes avec leur propre façon de parler, donc d’être.

Le suite de la construction du spectacle se déroule à la fois au plateau et à la table, par des improvisations successives qui laissent petit à petit apparaître à la fois l’univers de Lucie, et à la fois cette langue, que l’on confronte ensuite à notre étude dramaturgique.

Caractéristiques du projet

Un conte mis en scène

Peau d’Âne est un conte, et c’est aussi une histoire d’enfant, puisqu’on y parle d’une petite fille qui suite à la demande en mariage de son père va quitter son château et grandir.

Mais ce n’est pas qu’une histoire pour les enfants : les grands y ont leurs rôles et leurs responsabilités, et les adultes, qui sont aussi de vieux enfants, y trouveront leur compte d’émotions et d’intérêts. Cette histoire sera le socle de notre spectacle.

Celui qui écoute des contes se fait ses propres images, son imaginaire est invité à participer au voyage artistique. En créant un spectacle à partir du conte de Peau d’Âne, nous proposons nos images, notre propre version des faits, et faisons des choix qui seraient restés ouverts dans l’art du conte. Nous changeons aussi des signes, qui sont d’autant plus en relief qu’ils diffèrent de la version de Perrault.

l'arbre, le prince, la princesse. Prototypes Acte 2.

L’arbre, le prince, la princesse. Prototypes Acte 2.

Mais nous gardons du conte des essentiels : la sécurité, que le conte garantit à celui qui l’écoute – et particulièrement aux plus jeunes. On peut y raconter les ornières de la route du personnage, parce qu’on sait que l’issue en sera heureuse.

Nous écrivons notre récit en y laissant de la place pour le merveilleux, les non-dits, les ellipses. Ceci pour permettre au spectateur de se réapproprier ces endroits, laissés volontairement ouverts à son imaginaire.

Nous gardons aussi la distance nécessaire au propos en utilisant les techniques de la marionnette et du cirque, de la musique, des chansons.

Enfin les contes sont des épopées sur la construction et la métamorphose de l’individu : ils ouvrent une voie à ce qui a un devenir en nous.

En tout cela, notre spectacle tiendra de l’art du Conte.

Un spectacle en équilibre

Lucie sur le prototype de fil continu ; celui ci sera la machine de cirque, qui actionnera les changements de décor entre les scènes du spectacle.

Nous travaillons autour de l’équilibre, et de la dextérité des pieds.

Le cirque dans Peau d’Âne est ludique quand il s’agit de rajouter un pied pour donner vie à une marionnette, de se contorsionner en deux pour faire un personnage.

Il est aussi au service de l’histoire quand il s’associe à des mécanismes servant les « mises » et « démises » du décor et des accessoires: une structure de fil en continu a été créée pour le spectacle. On y marche comme sur un tapis roulant, le fil se déroule sous la marche. Il est le mécanisme central de notre scénographie, et permet la transition d’un acte au suivant.

Un solo de comédienne « à tout faire », au service de l’histoire

Pédipulation, ou l’art d’une marionnettiste solo de mettre ses pieds au service de la vie des personnages…

Les personnages de l’histoire de Peau d’Âne sont tous des marionnettes : la princesse, le roi, la reine, la marraine, le prince… qui sont manipulés par une seule comédienne. Dans ce travail de manipulation, nous cherchons à engager le corps au maximum : nos marionnettes sont portées, mais proches des marionnettes corporelles habitées, dans le sens où tout le corps de la comédienne sert à faire vivre les personnages, dans des positions nécessitant la souplesse et l’endurance des circassiens. La « pédipulation » (manipulation par les pieds) nous sert à rajouter des personnages, à créer de la surprise, à ajouter des tensions d’équilibre dramatiquement porteuses pour le récit. La contrainte d’être seule pour la comédienne à manipuler, est source de créativité et participe à créer un sentiment d’intimité avec le public propice au récit, au propos.

Un spectacle jeune public

« Partant de mon enfance, pour aller vers celle de chacun, je veux que Peau d’Âne parle à tous, avec différents niveaux de lecture : ce conte est une histoire de famille, de générations, et celles-ci seront présentes jusque dans notre public. J’ai créé des spectacles tout publics qui traitaient de sujets graves, que les enfants abordaient avec leur propre sensibilité et compréhension.Pour « Peau d’Âne », je veux m’adresser aux enfants d’aujourd’hui et à ceux qui l’étaient hier, et tenter de nous ramener à cet âge qui est la partie mystérieuse de l’humanité; sans me placer dans le rôle de l’adulte qui sait. » Lucie Boulay.

Atelier de pratique artistique autour du spectacle : manipulation d’une marionnette à trois

Peau d’Âne est plus universellement un spectacle sur la déshumanisation, c’est à dire sur le moment de bascule, qui peut être quotidien ou plus grave, où on ne considère plus l’autre comme son semblable, où on en fait un objet.C’est aussi un spectacle sur la confusion, qui fait confondre un enfant avec un adulte, qui mélange les formes d’amour, qui sème le trouble dans le sens des mots…Surtout c’est un spectacle pétri d’espoir, qui n’élude pas les problématiques singulières pouvant accompagner chaque enfant, mais qui montre que le cheminement à faire vers l’avenir peut être rempli de belles choses.

Parcours artistique de l’équipe

Lucie Boulay

Comédienne et co-auteur

C’est une artiste formée tout d’abord à l’ENAC et l’Espace Catastrophe à Bruxelles, puis au Lido, Centre des Arts du Cirque de Toulouse, où elle s’est spécialisée dans le fil-de-fer et la marionnette.
Elle est co-fondatrice de la Compagnie Remise à 9 et joue dans « La Monstrueuse Parade » de 2001 à 2004.
En 2005 elle fait partie des fondateurs du Boustrophédon – direction artistique Christian Coumin. Le numéro de fil « Pétule », a été créé en mars 2005 (Bourse Cirque O Présent, Paris, 2006 ; 4 prix dont le Prix spécial du jury au 28ème Festival mondial du cirque de demain 2007). Elle est co-auteur et interprète dans les spectacles « Court-Miracles » – création 2006, qui est toujours au répertoire après plus de 500 représentations en France mais aussi en Europe, et  « Camélia » – création 2011. En Janvier 2013, le numéro « La danseuse sur Verres », issu du spectacle « Camélia », obtient le prix Coup de coeur du Festival Mondial du Cirque de Demain.

Dominique Habouzit

Metteur en scène et co-auteur

Dominique Habouzit a suivi la formation de comédien de cirque au Centre des Arts du Cirque Le Lido à Toulouse puis de nombreux stages de clown avec Christophe Thellier et Michel Dallaire. Il s’est aussi dirigé vers le travail du texte au théâtre et a découvert la mise en scène avec Solange Oswald du Groupe Merci dont il a intégré la compagnie en tant que comédien dans le spectacle « La mastication des morts ». Il est aussi membre de la compagnie Blick Théâtre et a mis en scène leur premier spectacle : [hullu].

Jean-Luc Amestoy

Musicien, accordéoniste, pianiste

À l’accordéon, il a côtoyé le guitariste Serge Lopez, le groupe « Origines contrôlées » (France, Belgique, Maroc, Algérie), Magyd Cherfi, 100 % Collègues, Motivés, André Minvielle, Bernardo Sandoval.
Il a fondé le groupe « Amestoy trio » (3 CD, dont 2 chez Harmonia mundi) et a initié plusieurs formations autour de l’accordéon, notamment un trio avec Lionel Suarez et Didier Dulieu (Brésil, 2009) ; et d’autres avec Michel Macias, Philippe de Ezcurra, ou René Lacaille.
Au piano, il a accompagné Eric Lareine et Vicente Pradal. 
Il a composé et enregistré la musique de plusieurs spectacles de marionnettes (dernier en date : « Pars de là », Tara théâtre, création novembre 2012, Tarbes)
. En tant que musicien de studio, il a et accompagné divers artistes, notamment : Zebda, Philippe Léotard, Magyd Cherfi, Art Mengo, Bernard Lavilliers.
 Il est professeur d’improvisation depuis 6 ans à l’école toulousaine Music Halle.

Vincent Bacuzzi

Marionnettiste

Constructeur/manipulateur pour les spectacles de marionnettes de la compagnie Les Mains Libres, Compagnie Les Voyageurs Immmobiles, Compagnie Les Francs Glaçons, Le Boustrophédon… il est l’un des créateurs de marionnettes géantes pour la Parades des Droits de L’Enfant avec 300 enfants des rues de Clowns sans Frontière aux Philippines.

Franck Breuil

Constructeur

Constructeur de décors et de structures depuis une dizaine d’années pour le spectacle vivant (Le Boustrophédon, le Cirque Exalté, la famille Goldini, cie Pipototal, Culture en Mouvement, cie Toi d’Abord etc etc). Diplômé en électrotechnique et compétent dans les travaux de construction métallique et menuiserie. Concepteur et réalisateur de machineries, décors, accessoires et effets de scène.